L'histoire de la Fondation est jeune, mais elle est néanmoins fertile. Voici un extrait du rapport annuel de l'année 2004 où monsieur Gilles Trahan, directeur général de la Fondation, présente un résumé de l'histoire de la Fondation intitulé « Retour sur le passé » :
« L'année 1980 marque le début effectif des activités de la Fondation. Au cours de ces années, elle a distribué 62 529 661 $ en aide dans plus de 80 pays du Tiers-Monde et a concrétisé 6 165 projets. Notre apport a permis la réalisation de projets d'une valeur supérieure à 200 millions de dollars. Je ne sais pas si les capitulantes du chapitre des Soeurs de la Providence de 1974 avaient pu imaginer que la décision de transférer 10 000 000 $ de dollars à une fondation distincte de leur corporation, qui devait se donner pour mission d'aider les plus démunis de la Terre à la façon de la bienheureuse mère Émilie Tavernier-Gamelin, aurait un tel impact dans le futur.
« Des difficultés légales et fiscales ont toutefois retardé le transfert des fonds de la Congrégation à la Fondation et ceux-ci ne furent versés qu'à la fin de l'année 1979. Ce délai contraignant a eu une issue heureuse, car les intérêts se sont accumulés sur le capital d'origine et, au moment du transfert, le montant avait atteint 14 325 000 $. Cette donation spécifiait que le capital devait être conservé et que seuls les revenus produits pouvaient être distribués.
« L'automne de 1979 a été consacré à la mise en place des instances administratives de la Fondation : remaniement partiel du conseil d'administration présidé par le regretté juge Gilles Filion, formation du comité exécutif, du comité d'aide et du comité de placements. Le conseil a procédé à la nomination de monsieur Jean-Claude Leclerc au poste de directeur-général, fonction qu'il a occupée jusqu'en 1990, année où je prenais la relève. J'aimerais rendre hommage à monsieur Leclerc qui, avec des moyens modestes, a organisé le fonctionnement du bureau et le suivi des projets avec un dévouement inlassable et un sens de l'accueil exceptionnel. Je veux aussi rendre hommage à soeur Marie-Paule Levaque, S.P., qui a veillé avec une vigilance constante et rigoureuse aux activités de la Fondation. Soeur Levaque a siégé à titre de membre du conseil d'administration et de trésorière dès le tout début de la Fondation et, malgré sa jeunesse avancée, elle est toujours membre du comité d'aide. Je me sens privilégié d'avoir eu le bonheur de participer, avec soeur Levaque et monsieur le juge Filion, à la mise en place de la Fondation.
« En 1985 une entente de financement a été établie avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Sa participation, projet par projet, représentait en moyenne 400 000 $ par année.
« Au cours de cette même année, les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe font un don appréciable au capital stable de la Fondation, suivi d'un deuxième don en 1991 et d'un troisième en 1993. L'année suivante, les Sisters of Saint Joseph of the Diocese of London font aussi un don de même nature échelonné sur quatre ans. Un peu plus tard, la générosité de trois autres communautés, soit les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier, les Sisters of Saint Joseph of Hamilton et les Sisters of Saint Martha d'Antigonish, s'est aussi manifestée par des dons au capital stable de la Fondation, portant celui-ci à plus de 17,9 millions de dollars.
« En 1991, par suite des demandes de l'ACDI qui étaient incompatibles avec l'énoncé de notre mission, nous mettons fin à notre relation après entente mutuelle.
« Afin de soutenir notre action, nous avons d'abord décidé de faire appel aux congrégations religieuses pour financer nos projets, soit par une participation projet par projet, soit par un apport global à nos projets et, par la suite, à des organisations non gouvernementales (O.N.G.) bénéficiant de l'aide de l'ACDI. Leur réponse a dépassé toutes nos espérances. À ce jour, plus de soixante congrégations ont répondu à notre appel et, de 1992 à 2004, elles ont donné un total de 17 405 000 $, alors que les organisations non gouvernementales (O.N.G.) ont contribué un montant de 2 429 000 $.
« Bien que les Soeurs de la Providence aient contribué à la plus grande partie du capital stable, elles ont aussi fourni un apport substantiel au financement de nos projets année après année.
« En 1994, à la suite de la démission de monsieur le juge Filion, monsieur Jean-L. Renaud est nommé président, poste qu'il occupera pendant neuf ans. Il démissionnera à son tour en 2003 pour être remplacé par monsieur Jean Meloche.
« En 2001, une surprise nous attendait. À l'ouverture du testament de madame Suzanne Martineau, décédée dans un accident d'automobile, nous apprenions que nous étions bénéficiaires de sa succession pour un montant de 160 000 $, somme qui a été portée à notre capital stable. Ce legs était vraiment inattendu puisque personne, parmi nous, ne connaissait cette dame d'une grande générosité. J'appelle ça un don de la Providence!
« Que nous réserve l'avenir? J'aimerais bien pouvoir répondre à cette question. Néanmoins, en raison de la diminution de nos revenus propres, nous devrons compter de plus en plus sur nos partenaires (...). »
sources : Fondation Internationale Roncalli, 25e rapport annuel (2004), p. 8 à 12.